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Jeudi 04 Janvier 2007

  LES FRAN  ET LES ÇAIS 

Suis-je une Fran ou une Çais?  À toi d’en juger.

Le but de cet article n’est pas de mettre de l’huile sur le feu de la chicane sur la langue.Je voulais uniquement ajouter un clin d’œil!

La famille Fran et la famille Çais vivent à  TOMMCEWC ( Toronto, Ottawa, Montréal, Moncton, Calgary, Edmonton, Wellington, Charlottetown) depuis toujours.  Les deux familles se battent pour la survie de la francophonie.  Mais, quoiqu’elles défendent une même cause, le moyen qu’emploie l’une est l’antithèse de celui qu’emploie l’autre. Chez les Fran de toutes les générations, on se marie avec des francophones.  Se marier  avec un ou une anglophone est presqu’un péché mortel.  Si un Fran doit absolument le faire, il est obligé de signer le grand cahier et de jurer, devant tous les Fran, que le français sera la seule langue chez eux et qu’il ou elle francisera culturellement, psycho­logiquement et psychiquement son ou sa bien-aimé-e dans les six mois après le mariage. Si non, il y a des conséquences coercitives du livre de mesures disciplinaires et administratives.

 Les enfants Fran sont inscrits dans des écoles françaises, jamais dans des écoles anglaises.  À l’école, les enfants Fran ne parlent jamais anglais dans la cour de récréation, où la plupart des autres enfants parlent anglais.  Les Fran apprennent d’autres langues pour communiquer avec les étrangers, mais jamais pour communiquer entre eux.

Les Fran vont uniquement dans des églises françaises, écoutent la télévision et la radio françaises, ne lisent que des livres français.  Ils ne participent qu’aux activités culturelles françaises dans leur ville (cinéma, théâtre, danse...).

 Avant, les Fran ne travaillaient que dans des institutions francophones, mais, avec la conjoncture actuelle et la rareté des emplois, les Fran occupent maintenant quelques emplois dans des institutions anglophones.  Ils sont ainsi obligés de parler anglais, mais ils gardent leur accent fran.  Ils ont d’ailleurs un rituel à la sortie du travail : Tu renverses la langue, tu te rinces la bouche deux fois avec de l’eau et un rince-bouche puissant, et tu répètes dix fois : J’aime le français et j’ai hâte de le parler chez moi et dans ma communauté. Avant d’entrer chez eux, ils répètent le rituel.

 Chez les Fran, on n’utilise jamais d’anglicismes lorsqu’on parle français.  On cherche le mot en décrivant ce que l’on désire nommer et tous les autres Fran se mettent de la partie pour trouver le meilleur mot français.

Sur le plan financier, les Fran ne magasinent que dans des institutions francophones.  Ils écrivent leurs chèques en français seulement.

 Dès qu’un Fran est mal servi dans une institution à cause de sa langue, les 150 000 Fran de TOMMCEW inondent l’institution de plusieurs télécopies de protestation.

 Quand on est malade chez les Fran, on s’assure de se faire servir dans un hôpital où il y a un médecin francophone.

Chaque année, diverses institutions anglophones qui ne massacrent pas le Français reçoivent des lettres de félicitations des Fran de leur  ville.

 Dans les villes ou le français est minoritaire, les relations entre la police et les Fran se sont beaucoup améliorées depuis le début de l’embauche de francophones au sein du corps policier.  Chaque mois, au moins une contravention d’un Fran est annulée à cause de la langue.

 Les Fran de ces villes minoritaires françaises pensent que, grâce à leur action, plusieurs francophones ont été embauchés dans des institutions qui offrent un service au public.

 Sur le plan social, dans toutes les villes TOMMCEW il y a des Fran dans toutes les couches sociales.  Il y a des Fran riches et des Fran pauvres.

 Chez les Fran, le mot d’ordre, c’est de vivre en harmonie avec les Anglais, mais de ne jamais se laisser écraser les orteils ou marcher sur les pieds.  Les relations avec les Çais sont fraternelles et politiquement correctes.  La cohésion familiale chez les Fran est surprenante et c’est elle qui fait de cette famille l’une des plus unies de leur ville.

 Les Çais sont plus intelligents et intelligentes que les Fran, dit-on. Les Fran sont surtout des commerçants alors que les Çais sont de grands diplômés des universités.  Les Fran les appellent Ales longs crayons.  Les Çais sont eux aussi présents dans toutes les couches sociales.  Les Çais occupent surtout des emplois bilingues dans la haute fonction publique fédérale et provinciale des villes TOMMCEW.

Chez les Çais, on inscrit son enfant à l’école anglaise et on fréquente l’église de son quartier.  Les Çais font presque le contraire des Fran.  Ils ont développé de bons arguments pour contrecarrer les attaques des Fran.

Les Çais se moquent souvent de ce Fran qui avait attendu huit heures pour acheter un timbre au bureau de poste.  L’agent ne parlant pas français, le Fran ne voulait pas expliquer ou montrer du doigt ce qu’il voulait acheter.  Il ne faisait que respecter les règlements des Fran. Bien sûr que l’agent anglophone tenait à son anglais lui.  L’agent a donc dû attendre le retour du maître des postes.  Pendant ce temps, le Fran attendait sur place.  Il a été chanceux, disent souvent les Çais, que l’agent n’ait pas fait venir un policier. Ha! ha! ha! Rient-ils souvent.

Pour les Çais, vivre en français est une question de choix et les mesures coercitives des Fran ne marchent pas.  Chez les Çais, on ne parle pas des ravages de l’assimilation. C’est un argument que les Fran utilisent pour fouetter verbalement les Çais.  Les Çais s’en contre fichent. Ils croient qu’il ne faut pas forcer les gens. Ils pensent aussi que l’assimilation n’assimilent que les morveux.     Selon eux, chaque famille doit être libre de choisir.  Chez les Çais, évidemment, tout doit être régi par l’activité économique et politique.

Les Fran ont tous une équipe spécialement formée pour intervenir auprès des gouver­nements pour l’avancement du fait français dans leur ville et dans d’autres villes à travers le pays.  Pour les Çais, cette action est une forme de harcèlement des politiciens.   Ils croient qu’il faut laisser ceux-ci faire leur travail.

 À Toronto, Ottawa, Montréal, Moncton, Calgary, Edmonton, Winnipeg, depuis quelques années il y a de nouvelles souches des deux familles qui viennent d’ailleurs et parlent avec plusieurs accents.  Il y a des immigrants et immigrantes Fran et Çais avec un accent aigu, un accent grave et un accent circonflexe sur le a des Fran et celui des Çais.  Les Fran et les Çais les acceptent car la seule différence entre eux, ce sont les accents et quelquefois la couleur de la peau.  Toutefois, cette acceptation ne s’est pas faite tout d’un coup.  Il y a d’abord eu des déchirements, mais tout est rentré dans l’ordre dans certaines villes et commence à rentrer dans l’ordre dans d’autres.  Le déficit dû à la dénatalité a forcé certains marginaux des deux communautés qui pratiquaient le racisme à se résigner et s’efforcer à vite mettre dans leur rang ces nouveaux Fran et  Çais  que  les Anglophones depuis la nuit des temps renflouaient dans leur clan. 

 Ces nouvelles souches dans chacune des deux familles étaient aussi des Fran ou des Çais dans leur pays d’origine.  Les Fran et les Çais de Toronto, Ottawa, Montréal, Moncton, Calgary, Edmonton, Winnipeg ont alors appris qu’il y a, sur leur continent, des Fran et des Çais.  Chaque nouvel arrivant francophone de toutes ces villes s’intègre ainsi, selon ses convictions, à l’une ou l’autre des deux familles.  Il demeure ou devient Fran ou Çais, ou encore change tout simplement de camp.

 Les Çais croient que les Fran sont des extrémistes et des marginaux bornés et bouchés qui martyrisent les gens avec leurs manières de faire millénaires.  Pour eux, vivre en français - langue et culture - est une question de choix.

 Les Fran croient que L’ANGE LE PLUS ÉCRASÉ  ACTUELLEMENT À TORONTO, OTTAWA, MONTRÉAL, MONCTON, CALGARY, EDMONTON, WINNIPEG, C’EST LA  LANGUE FRANÇAI­SE.  ILS CROIENT AUSSI QUE LES ÇAIS OUVRENT LA PORTE POUR EN FINIR AVEC CET ANGE.  C’est pour cela qu’ils doivent adopter des comportements fermes pour survivre en français dans leur ville.

JE SUIS UNE FRAN DEPUIS MON CAMEROUN NATAL.  JE DEMEURE FRAN DANS MON CANADA D’ACCUEIL.

 Et toi?

Qui es-tu  un Fran? un Çais ? les deux? Ou rien du tout!

 Qu’en penses-tu?

 Majacquie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

publié par majacquie dans: majacquie
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