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Pseudo: majacquieCatégorie: SociétéFais tourner ce blog!
Mardi 02 Janvier 2007

Vive la liberté!

 

 

Je m’appelle Amadou, je viens d’Afrique et je vis au Canada depuis 15 ans.  Je suis traducteur pour le gouvernement fédéral.  Au bureau, tout le monde dit que j’ai été embauché parce que je suis de race noire.  Moi je m’en fiche;  en tout cas, j’ai un emploi et je sais que je suis compétent.  Je l’ai prouvé et c’est ça qui compte.  Le mari de la femme qui est assise à une même table que moi au bureau, semble-t-il, a perdu son emploi pour que je sois embauché à cause de la loi qui oblige le gouvernement à embaucher les minorités raciales.  C’est ça qu’on me chante pour m’écoeurer.  Quelque­fois je pense que c’est du racisme.  Mais moi ce n’est pas dans mes habitudes de crier au racisme.

 

Louise, la femme qui est assise à la même table que moi dont le mari a été licencié à cause de moi, me dit-on, est ma superviseure.

 

Devinez ce que je vis tous les jours.  Vous me comprendrez si je vous dis que je n’aime pas les femmes au pouvoir.  Je sais qu’elles ne sont pas toute pareilles, mais moi ce que je vis me ferme les yeux et je vois ma superviseure dans toutes les femmes.  Alors je les hais.  On pourra me traiter de sexiste.  Je pense que je le suis devenu et je me déteste de l’être.

 

Eh oui! c’est comme ça que commence cette maladie du sexisme ou du racisme.  Un problème qu’on vit, qu’on voit, une fois, deux fois, ça gonfle, on le néglige et il nous emporte dans la maladie du sexisme, du racisme et des stéréotypes.

 

Je me console parce que, m’a-t-on dit, ma boss  qui me  boss tout le temps était aussi la boss de son mari, le pauvre.  Il semble que cet homme vivait le même enfer que moi, mais d’une autre façon.  Luc, le mari de ma superviseure, est depuis quelque temps traducteur chez une avocate de race noire.  Le chanceux, il a quitté cet enfer que j’ai récolté.

 

Louise, ma superviseure, m’a dit la semaine dernière qu’elle a trouvé son mari sur le tapis en train de faire l’exercice que les couples mariés depuis plus sept ans appelle la job du samedi soir.  Oui, elle a trouvé son mari en pleine action avec sa nouvelle patronne dans le bureau de celle-ci.

 

J’ai appris l’histoire en faisant des heures supplémentaires à 7 heures 30 du soir.  Vous ne devinerez jamais ce que j’avais eu comme journée de travail.  Ce jour-là mes amis, j’étais au bureau depuis 7 heures 30 du matin et à 19 heures 30 je devais consoler Madame qui m’a fait languir toute la journée.  J’ai corrigé je ne sais Combien de fois les mêmes phrases.

 

Mais moi, mes amis, il n’y a personne pour écouter mon problème.  Je ne sais même pas  quel est mon problème.  Une chance que je suis venu pleurer devant vous tous.  Ce que je vis, vous au moins allez m’écouter et me comprendre.  J’espère que je ne vais pas polluer vos augustes cerveaux, écologie oblige.  Moi, Amadou, je suis au Canada depuis 15 ans.  J’étais quand même content quand j’ai eu cet emploi.  J’ai écrit à ma mère de me trouver une belle femme noire du pays qui parle mon autre langue maternelle.  Je suis bilingue dans la langue maternelle.  Je pense que tu le sais.

 

En tout cas, je voulais une belle fille mince avec des seins pointus comme mon père savait si bien les décrire.  Je voulais avoir la reine de mes rêves.  Je ne suis pas raciste moi.  Mais écoute, cette femme que j’avais dans ma tête était noire.  J’essaie depuis de la rendre universelle, mais je n’y arrive pas.

 

Une belle femme qui pourrait concurrencer Louise, ma superviseure, avec toutes ses rondeurs et parce qu’elle profite de tout pour m’écraser, moi le Prince de ma mère qui n’a jamais lavé aucune vaisselle.  Je rêvais des soirées des parties de bureau où je ferais un taba avec ma belle gazelle africaine pour clouer le bec de Louise pour un temps en tout cas.

 

 

Une belle des belles que je pourrais dominer, par exemple.  Avec une femme qui vient fraîchement d’Afrique, j’étais sûr qu’elle serait soumise.  Je pensais que j’aurais enfin une personne sous ma botte à la maison.  Bingo, mon voeu fût exhaussé!  Ma mère m’a choisi une belle gazelle africaine et me l’a envoyée.  Elle était comme je l’avais imaginé : vierge, féconde, séduisante et surtout obéissante.  Mes demandes étaient des ordres pour elle.

 

Aïssatou est à la maison depuis trois ans et nous avons trois enfants.  J’ai eu trois bonnes années avec elle, car elle est devenue enceinte dès notre première job du samedi.  Ah! notre job est quotidienne, même que quelquefois c’est deux ou trois fois dans la même journée ou la soirée, selon l’humeur de ma superviseure au bureau.

 

Je me suis gavé de sexe mes amis pour gérer mon stress du bureau.  Nous avons décidé de faire nos trois enfants et j’ai promis à Aïssatou de l’aider à se trouver un travail.  Elle n’est presque pas sortie de la maison.  Même pour les fameux Aparties@ de bureau.  Ça allait  quoi.

 

Mon ami, après le troisième enfant, elle a repris sa taille de 15 ans.  Je l’ai emmenée au party de bureau de Noël.  Elle a fait le plus grand taba du siècle.  Tout le monde la voulait, même le grand patron qui est venu d’Ottawa.

 

C’est depuis cette soirée que je vis un enfer.  Vu sa popularité, ma superviseure s’est liée d’amitié avec elle et a décidé de parfaire son éducation canadienne.  Elle l’appelle à la maison pour lui parler à l’heure de midi.  Eh oui! la suite c’est que je suis perdu.  Je ne sais plus où mettre de la tête.  J’ai besoin de conseils.

 


Aïssatou passe toute sa journée à la maison, elle ne travaille pas comme moi.  Je suis sûr qu’elle se taille les ongles et regarde les feuilletons américains qui lui remplissent la tête toute la journée.  Quand j’arrive du travail tout épuisé, elle ne me demande même pas comment était ma journée, comme elle le faisait avant.  Elle n’enlève plus mes souliers, elle ne s’assoit plus pour me regarder manger quand j’arrive tard...  Elle veut que je partage 50/50 les tâches de la maison.  Elle veut que je lave les gosses, que je fasse le ménage...  Comme ça, elle peut lire et se préparer pour retourner à l’école ou trouver un travail.  Tu sais, après m’être tapé une femme au bureau, celle de la maison je la veux coopérante et soumise.

 

Mon ami, dans tout ça, j’ai commencé à boire et j’ai battu Aïssatou.  J’espérais qu’elle appelle la police et qu’on me mette en prison pour que je me repose enfin.  Mais non, elle est allée vivre avec ma superviseure dont le mari a lui aussi quitté la maison.  Lui au moins est allé chez l’avocate, mais moi je suis seul.  Dans ma tête, les critères de ma Princesse ont changé...

 

Avant d’aller boire et battre ma femme, j’ai encore eu une des journées les plus rocambolesques.  Avant de sortir du bureau, ma superviseure m’a dit qu’elle m’aimait et qu’elle voulait que je lui fasse la job du samedi soir comme je l’ai souvent faite à ma femme car, d’après ce que ma femme lui a dit, je suis très performant.  Ça, je venais de l’apprendre.  Alors j’ai crié VICTOIRE.  Enfin, je pouvais profiter de l’occasion pour me venger et lui dire : NON, va te faire foutre ailleurs et je suis sorti.

 


C’était ma première victoire contre cette femme depuis quatre ans.  Je voulais fêter ça.  Mais je ne l’ai pas fait de la bonne manière.  Maintenant j’ai peur.  Je ne sais pas ce qui va m’arriver demain et après-demain.  J’ai pensé prendre les devants.  Je pourrais accuser ma  boss de harcèlement sexuel.  Ah! qui va me croire?  Un homme qui accuse une femme de harcèlement.  Je vais être diminué.  On me traitera de femmellette, moi le Prince de ma mère.  Je pourrais aussi accepter ses avances.  Mais non, je vais me venger comme il faut de cette femme qui me fait chier tous les jours (au moins, avec elle je ne suis jamais constipé).  Il faut que je l’aie par l’usure.  Tiens, je pourrais dire qu’elle est homosexuelle et qu’elle fait des avances à ma femme.

 

Amadou se disait toutes ces choses dans son salon.  Son souper n’était pas fait comme d’habitude.  Il a commandé une pizza et dès qu’il la plaça sur sa table dans son salon en désordre, il perdit l’appétit dans la maison vide.  Vite, se dit-il.  Je vais téléphoner pour arranger tout ça.  Amadou s’écrase sur son sofa et prend le téléphone.

 

 

Tiens, se dit-il, je vais appeler ma femme.

 

Allô, Aïssatou!

 

Allô, je suis la gardienne des enfants, madame Aïssatou est partie travailler.

 

Où travaille-t-elle?  C’est plutôt rapide ça.  À peine un quelques jours  qu’elle travaille déjà?

 

Monsieur, votre femme est parti depuis un mois déjà mais vous pouvez la rejoindre au numéro 336 6374.  Vous êtes son mari?

 

Oui, dit-il.

 

Voulez-vous parler à vos enfants monsieur?

 

Non, j’ai des choses à régler avec leur mère avant.  C’est quoi le numéro encore?  336 6374 ou Femmes-.

 

      C’est quoi ce numéro, dit Amadou.

 

C’est le numéro de S.O.S. femmes immigrantes.

 

Ah bon! Merci madame.

 


Il composa tout de suite le numéro.

 

Allô madame, ici Amadou.  Madame est-ce que je peux savoir votre nom?

 

Non monsieur, je vous prête mon oreille, par contre allez-y monsieur.  S.O.S. femmes, j’écoute.

 

Tiens, c’est plutôt drôle, je pense que c’est elle.

 

Madame, ma femme m’a quitté pour aller vivre avec ma superviseure.  Je l’ai battue et depuis je me sens seul.  Je souffre, mais j’aime ma femme.  Je veux m’excuser, mais elle sait aussi que c’est normal dans notre pays d’origine que je la frappe quand elle n’obéit pas.

 

Oui, mais vous n’êtes plus dans votre pays monsieur.  Il y a des lois dans ce pays pour la violence faite aux femmes ou à qui que ce soit.  Pourquoi vous a-t-elle quitté votre femme?

 

-Elle!  Écoutez-moi madame.  Je suis allé chercher cette fille-là en Afrique.  Elle était toute sale et puante.  Je lui ai tout montré.  Elle ne savait rien faire.  Depuis qu’elle a su qu’elle était belle après que je l’ai bien nettoyée, elle est devenue l’amie de ma patronne.  Et les deux veulent me finir madame.  C’est une fille puante que j’ai sortie d’Afrique.  Je l’ai sauvée de la misère, une malpropre qui sortait de la jungle.

 

-Iiiiiii, dit Amadou en faisant semblant de pleurer.

 

-Madame, je veux ma femme, ma tigresse.  Oh Canada! redonnez-moi ma petite femme et mes enfants.  Ma femme pleine de puces que j’ai sortie d’Afrique toute puante qui me déçoit.

 

-Quoi, tu parles à cette femme puante et va au diable.  Je veux le divorce, dit Aïssatou de rage.

 


Ø   Tu veux le divorce pour t’envoyer en l’air avec ma Aboss@ je suppose?

 

Ø   Va te faire soigner mon épais!

 

Ø   Ton intégration linguistique se porte bien ma chère madame Aïssatou.  Reviens à la maison chérie, ma gazelle, pardonne-moi.  Je t’aime.

 

Ø   Mets-toi à genou Amadou et dit le tout fort.

 

Ø   Oui mon trésor, je le fais tout de suite.  (Bien sûr qu’il le dit sans le faire.)

 

Ø   Demande-moi pardon tout de suite Amadou, même si tu n’es pas à genou.

 

Ø   Pardon ma gazelle d’ébène.

 

Ø   Bon, on verra.  Va chercher les enfants.  J’appelle Louise.

 

 

C’était le début du tourbillon relationnel entre Louise, Aïssatou et Amadou.

 

 

Majacquie

 

Montréal- Toronto Canada

 

publié par majacquie dans: majacquie
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Commentaire n° 1 posté par: buy xanax(site web) le 12/04/2007 - 17:25:39
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